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Chapitre 21 Asterisk
Asterisk est un central téléphonique privé logiciel. La définition d’un central téléphonique privé est de plus en plus floue. Un peu d’histoire permet d’y voir un peu plus clair.
La téléphonie a commencé au XIX siècle. Alexander Graham Bell (photo 21.1) a déposé le premier brevet en 1876 et Thomas Edison (photo 21.2) a participé au développement en améliorant le
microphone en 1876.
La technologie du téléphone date donc du XIX siècle. À cette époque pas d’électronique et peu d’informatique (les mots n’étaient pas inventés). Le téléphone est alors plus proche de l’éléctrotechnique et de la chimie. Ainsi, la tension d’alimentation des équipements téléphoniques est encore maintenant de -48V
(le signe moins est important) pour éviter la corrosion des conducteurs métaliques.
Le premier opérateur télécoms, Bell Telephone Company, fut fondé en 1877. Un autre « le premier opérateur télécom », fut la création en 1878 du ministère des Postes et Télégraphes qui annexera les services de téléphonie en 1889. Les premiers opérateurs utilisent des centraux téléphoniques manuels (figure 21.3). Les opérateurs ou opératrices reliaient les abonnés en branchant physiquement un câble.
Ensuite, les centraux sont devenus automatiques à l’aide de relais et d’électroaimants. Au début, les centraux étaient uniquement chez les opérateurs mais, très vite sont apparus les centraux privés destinés à être installés chez des entreprises privées. Les évolutions techniques et commerciales ont conduit à l’utilisation de nombreuses désignations : central téléphonique privé, autocommutateur, PABX Private Automatic Branch eXchange, ipbx IP PabX et bien d’autres.
Un central téléphonique privé est donc un équipement capable de se connecter, d’une part à un ou plusieurs opérateurs, et d’autre part à des téléphones (ou d’autres équipemnents) en interne.
Historiquement, ces centraux utilisaient des liaisons spécifiques pour les opérateurs et les téléphones. Les opérarteurs avaient principalement deux normes : analogique et rnis (Réseau Numérique à Intégration de Service), en anglais idsn (Integrated Services Digital Network). Les téléphones pouvaient être analogiques (comme à la maison), rnis (relativement rare) ou utilisant un protocole privé (souvent nommé numérique ou propriétaire).
Le pabx permettait de mettre en relation les postes extérieurs et les postes intérieurs. Un poste intérieur était un poste situé à l’intérieur de l’entreprise et relié directement au central. Les postes extérieurs étaient les autres, la liaison s’effectuant à travers un ou plusieurs opérateurs télécoms.
Il y avait donc trois types d’appels :
- entrant :
-
quelqu’un de l’extérieur souhaite appeler un employé ;
- sortant :
-
un employé appelle un extérieur ;
- interne :
-
un employé appelle un autre employé.
C’était très lié avec le mode de facturation. Les opérarteurs facturaient l’appel sortant en fonction de la destination, de la durée de l’appel et de l’horaire. Un appel sortant était couteux, les appels internes ou entrant gratuits (enfin, compris dans l’abonnement).
Pour une entreprise, la situation était modérée par le fait qu’un appel entrant peut être vu comme une possibilité de commande, donc une entrée d’argent. Il faut donc que les clients potentiels réussissent à appeler… Et éviter qu’ils appellent un concurent.
Avec l’arrivée de la téléphonie sur ip, la situation a évolué. Un employé nomade peut être à distance et disposer des mêmes fonctionnalités que lorsqu’il est situé dans l’entreprise.
Actuellement, il existe principalement deux types commerciaux de pabx : les fermés et les ouverts. Les centraux fermés sont vendus ou loués par une entreprise et sont préconfigurés avec la philosophie des services de téléphonies passés. Ils gardent la notion d’appels entrants ou sortants, par exemple. Les centraux ouverts, dont l’archetype est asterisk, sont à configurer soi même. Il n’y a plus la distinction entrant/ sortant, mais des liaisons qui peuvent avoir des fonctionnalités différentes.



